Marcel Coard est un ensemblier et décorateur méconnu de la période Art Déco. D'abord architecte, amateur d'art africain et océanien, son oeuvre, teintée de cubisme et d'exotisme, se ressent de ses passions diverses. Il ouvre un magasin dès la fin de la Première Guerre mondiale et reçoit des commandes de clients prestigieux, tel Jacques Doucet, auxquels il fournit des meubles simples et dépouillés, mais dont l'éventuelle sévérité des plans, des lignes droites, des longues courbes, se trouve atténuée par quelques « accidents » inattendus, tels de délicats motifs décoratifs qui évoquent souvent les sources lointaines de son inspiration. Adepte des contrastes entre bois sombres et décors aux tonalités claires et délicates, il utilise, outre des bois précieux, des plaques de lapis-lazuli, d'améthyste, de pierres d'Auvergne, des lames de miroir teinté, du galuchat, de la nacre et, l'un des premiers, du parchemin. Les sculptures africaines et océaniennes qu'il incorpore volontiers à ses décorations le poussent à conférer à quelques-uns de ses meubles une certaine rusticité. En bois massif, simplement équarri, ils rappellent ceux d'un autre adepte de l'art nègre et du cubisme, son confrère Pierre Legrain. Comme ce dernier, d'ailleurs, Marcel Coard, qui mettra fin à son activité en 1958, fait figure de solitaire et d'indépendant.