Arts graphiques

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Albert Dubout (1905-1976). Oeuvre intégral. (6 volumes)

Albert Dubout Communication

9782918852162

Disponible

Délai de disponibilité : 7 jour(s)

390,00 € TTC

300,00 € TTC

Informations complémentaires

Format 24X32
Photos Oui
dont couleurs oui
Reliure relié sous jaquette
Langue Francais
ISBN 978-2-918852-16-2

En savoir plus

Volume I :
Beaucoup d'artistes ont marqué leur temps. Albert Dubout, avec cinquante ans de dessins de presse et d'illustration, a marqué deux générations. Son nom est toujours associé au « couple à la Dubout » avec le petit Anatole accompagné de sa plantureuse femme. Souvent, on pose la question à la famille : « Mais comment était sa femme ? » Vient alors toujours la même réponse : « Petite et menue? ». Dans l'oeuvre de Dubout, ce couple ou plus précisément la disproportion entre l'homme et la femme apparaît de façon tangible dès 1923, à l'âge de dix-huit ans, sur un de ses croquis de l?école des Beaux-Arts de Montpellier sur lequel figure l'annotation : « Différence de taille ». Ces croquis sont intéressants à plus d'un titre car ils marquent sur le vif cette constante observation des gens de la rue et cette tendresse pour la nature humaine. Les signatures de Dubout ou plutôt les familles de signatures sont le reflet de l'imagination de l'artiste. Toutes représentent une volonté d'évolution et de recherche graphique même s'il est vrai qu'il y entre aussi une petite pointe d'orgueil de l'artiste qui cherche ainsi à attirer l??il sur une signature unique en son genre et à bien rappeler au lecteur qu'il s'agit d'un dessin de « Dubout » (surtout lorsqu'il parodie Charles Trénet en signant « Le fou dessinant »). La précocité de Dubout est unique à une époque où les dessinateurs étaient nombreux et talentueux faute de photographies. En effet, ses premiers dessins de presse sont publiés dès 1923. Et il n'a pas caché le fait que de nombreux dessins parus en 1924, le plus souvent dans des almanachs et dans Paris Minuit, avaient en fait été réalisés vers 1920, à l?âge de quinze ans. Dans ce premier tome sont également compilés des dessins parus sous son pseudonyme "Yvonne Hénin"

Volume II
Tous les sujets, sans tabou, ont été traités par Albert Dubout. Au-delà de l'humour, la femme castratrice, martyrisant son mari, traduit une volonté de dénoncer, avec une grande anticipation sur la société moderne, la violence conjugale. La femme des années 1920 et 1930 est une femme libérée et provocatrice, avec ici encore une grande anticipation sur la liberté sexuelle et sur le mouvement de libération des femmes (bien qu'existant déjà en Angleterre). Le « couple à la Dubout » est asexué, mais toutefois chez le mari la femme de l'autre suscite toujours de l'intérêt. La famille est incomplète. Les enfants sont peu représentés sauf dans les dessins de jeunesse. L'enfant, le plus souvent de sexe masculin, est impertinent et parle comme un adulte, traitant des sujets d'actualité, souvent politique. La société bourgeoise, surtout pendant la crise économique d'avant-guerre, est largement caricaturée avec peu de tendresse. À l'inverse, les pauvres sont représentés par des dessins bouleversants dont le plus représentatif est celui concernant « La saisie ». Albert Dubout travaillait uniquement à l'encre de Chine à l'aide d'une plume en acier spécial fabriqué en Angleterre. Avec cette plume et une grosse loupe, il exécutera ses dessins des années 1930 dont la finesse du trait est exceptionnelle. C'est l'époque des planches destinées le plus souvent à la quatrième de couverture des journaux. Les foules qui y sont représentées formant un chaos totalement structuré, ordonné et d'une grande précision. La mise en scène est très soignée et, avec la présence de plusieurs plans, elle est unique dans l'histoire du dessin. Sa vue baissant avec l'âge et la demande de plus en plus croissante des directeurs de presse le contraignent à modifier son style en l'épurant et en lui donnant un aspect plus humoristique. À compter des années 1960, les légendes se modifient également
en se contractant, voire sans parole - elles deviennent courtes, efficaces et extrêmement travaillées. L'humour est alors équilibré entre le dessin et la légende.

Volume III
Sur près de 4 830 dessins de presse, 1 805 d'entre eux ont fait l'objet d'une parution en première et en quatrième de couverture. Albert Dubout a inventé la pleine page thématique qui, de part sa notoriété, était souvent annoncée en kiosque par des affichettes notamment pour Ici Paris. Il n'est pas rare d'entendre encore aujourd'hui que des lecteurs achetaient tel ou tel titre pour les dessins de Dubout. Albert Dubout a constamment exploré des thèmes nouveaux. Les photographes, les peintres, les policiers et les gangsters, le vélo, les voitures, la mythologie, tous ces thèmes paraîtront soit sur des pleines pages, soit de façon hebdomadaire. Pour un grand nombre d'entre eux, les dessins correspondants seront regroupés dans des albums thématiques. Au-delà de ces thèmes nouveaux pour son époque, Dubout innovera aussi dans le domaine technique en réalisant des montages photographiques et des dessins en surimposition. Les dessins de presse ont eu leurs lettres de noblesse jusqu'aux années 1957-1958, puis ils furent remplacés peu à peu par la photographie, notamment en première de couverture des journaux et des magazines, devenant ainsi plus porteuse et plus commerciale. Les dessins seront alors relégués en pages intérieures et les pleines pages thématiques disparaîtront au profit des pages humoristiques composées de dessins de plusieurs dessinateurs différents. Ce tome s'achève sur un index exhaustif de toutes les parutions avec référencement des pages et des légendes correspondantes. En effet, de nombreux dessins sont reparus plusieurs fois dix ou vingt ans après (afin de répondre à la demande pressante des
journaux). Leurs légendes ont été alors soit maintenues, soit modifiées et actualisées à la demande du directeur de presse.

Volume IV
Les dessins de presse aquarellés sont moins nombreux dans la production de Dubout. Ils étaient le plus souvent destinés à des couvertures de revues. D'autres ont été aquarellés postérieurement à leur parution. Courant des années 1930, certains dessins ont été réalisés au lavis afin de respecter l'harmonie de la revue notamment dans Voilà. Albert Dubout n'a pas été qu'un dessinateur de presse et un illustrateur, il fut également affichiste et peintre. Sa popularité l'a amené à réaliser des dessins animés et à mettre en scène ses personnages dans deux films long-métrage. Les produits dérivés ont été nombreux y compris les cartes postales. Les campagnes publicitaires ont été diffusées non seulement par voie de presse mais également sur des plaquettes et des buvards (ces derniers essentiellement offerts aux médecins par des laboratoires pharmaceutiques). Passionné de pêche sous-marine, l'artiste a sûrement pris beaucoup de plaisir à réaliser les dessins pour les harpons Hurricane. Dubout réalisa soixante-dix-sept huiles sur toile ou sur bois. Suzanne Ballivet, sa seconde épouse, lui suggérait constamment, pour la postérité, de peindre davantage (seules les huiles rentraient à cette époque dans les musées). Mais le naturel revenant au galop, dès le pinceau posé sur la palette, Dubout reprenait sa plume pour de nouveaux dessins à l'encre de Chine.

Volume V
Il est paradoxal qu'Albert Dubout ait aussi illustré des classiques de la littérature française et étrangère. Lui qui a toujours désiré une liberté d'esprit et de mouvement au travers de ses dessins de presse, illustrait avec minutie les contraintes du texte. Il n'hésitait pas à s'intéresser à des titres difficiles et à les adapter avec des styles nouveaux dont La Chute de la maison Usher est le plus représentatif. L'illustration se faisait par des travaux de recherches documentaires et même par un voyage d'étude notamment en Espagne, en 1936, pour le Don Quichotte, voyage qui s'acheva prématurément à Madrid à cause de la guerre civile. Les premières éditions, pour une grande partie d'entre elles réalisées au pochoir ou en lithographie, restent encore actuellement des ouvrages convoités par les amateurs, collectionneurs et bibliophiles.

Volume VI
C'est par l'illustration que la palette d'Albert Dubout s'exprime le mieux. Dès son plus jeune âge, son grand-père Chaix réveillait à l'aube le jeune Albert afin de lui faire admirer les couleurs de la nature sur les bords de l'étang de Fos. Cette éducation artistique restera présente dans toute son oeuvre avec notamment les illustrations des ouvrages de Marcel Pagnol ou de L'Arlésienne. Albert Dubout, fatigué par un travail colossal de toute une vie et amoindri par la maladie, ne connaîtra pas l'impression définitive de son dernier titre Justine qui paraîtra à titre posthume. Albert Dubout, artiste simple et extrêmement discret, fuyant les interviews et les honneurs des plateaux, a déclaré sans modestie mais avec justesse : « Les gens pensent que je fais du rigolo. À ma mort, ils comprendront que je faisais du sérieux. Je suis destiné à la postérité ». Pour beaucoup d'intellectuels, d'artistes et de dessinateurs contemporains, il est considéré comme le plus grand dessinateur français du XXe siècle. Décoré de la Légion d'honneur par le président Vincent Auriol, il rentrera dans le dictionnaire Larousse, la même année que Pablo Picasso.