Peinture entre 1850 et 1945

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Voyages d'André Maire

9782914374675

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30,00 € TTC

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Année de parution
Nombre de pages 186
Format 27 x 21 cm
Photos oui
dont couleurs oui
Reliure Broché
Langue Francais
ISBN 9782914374651

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Le Musée Regards de Provence met à l’honneur le peintre et dessinateur André Maire (1898-1984), insatiable voyageur dont l’œuvre prolifique rend compte de près d’un siècle de pérégrinations aux quatre coins du globe.

A l’aube des années 1920, André Maire aborde les rivages indochinois. Epris d’aventure, c’est un jeune-homme enthousiaste qui s’embarque pour les lointaines colonies, le temps de son service militaire, avide de nouveaux motifs à croquer et à peindre. Ce voyage est une révélation. André Maire ne cessera de parcourir le monde pour puiser dans les images de ses voyages les éléments constitutifs de son univers artistique.

Emile Bernard est une figure éminemment importante dans la formation de l’artiste, et bientôt, il s’y rattachera d’une manière encore plus évidente et symbolique, en épousant sa fille. André Maire conserve donc forcément l’empreinte de cette personnalité affirmée, qui est en grande partie à l’origine de sa vocation.
Cependant, s’il hérite de la maîtrise de techniques patiemment enseignées telles l’art de la sépia, de la gouache, et d’une grande virtuosité dans les restitutions architecturales, le jeune-homme se singularise aussi rapidement, et notamment par la vivacité d’observation dont il fait preuve et dont témoignent les multiples planches qu’il rapporte de ses premiers voyages.
Angkor, l’une des cités les plus mystiquement exotiques de tous les temps, se prête particulièrement à cette exploration, à un certain défrichement. La civilisation engloutie sous les lianes, la nature qui a repris ses droits… ce foisonnement mêlé, dont on ne sait pas bien ce qui est de la main de l’homme, inspire André Maire d’une manière poétique et envoutante, dont il ne se départira jamais.

Ce n’est qu’en 1947 que l’artiste se rendra à nouveau en Indochine, en pleine guerre d’indépendance, qui a déjà fait fuir la plupart des civils français qui s’y étaient établis. Pourtant, André Maire n’hésite pas à saisir l’opportunité de venir y enseigner. Cette expérience durera dix années, au cours desquelles il ne rentrera que deux fois en France. Tantôt séjournant parmi les populations des Hauts-Plateaux, et notamment les Moïs qui, à la frontière de la Chine, vivent en communion avec la nature, tantôt observant les marchés animés des bords du Mékong et les longues porteuses en Ao dai colorés, dont une multitude de gouaches se font l’écho émouvant. La bienveillance de l’artiste à l’égard de son prochain, son profond humanisme, semblent être à l’origine de la sereine béatitude qui se dégage des compositions qu’il nous offre, avec sincérité, jusqu’à ces immenses morceaux de bravoure que sont les grandes décorations, composées en atelier, qui nous contemplent de leur haute taille et de leur bienheureuse quiétude. 

Cette dimension décorative, André Maire l’a explorée, en corrélation avec l’esprit des années 30, exaltant sur les murs ce que l’architecture avait aussi à cœur de magnifier, la puissance de création, le robuste souffle de l’artiste.

Mais avant qu’il puisse enfin retourner au Vietnam, le goût du voyage qui s’était emparé de l’artiste avait conduit ses pas dans bien d’autres lieux, mythiques et mystérieux dont les artistes rêvaient, depuis le siècle dernier.
Venise, première destination symboliquement exotique, où l’artiste séjourne sept ans, après avoir épousé Irène, puis l’Espagne, où il se rend à la faveur d’une bourse de voyage. Tolède, Séville, Grenade…ouvrent autant de moucharabiehs sur les rives opposées de la Méditerranée qu’il abordera bientôt.
L’Egypte sera une autre révélation, aussi richement empreinte de spiritualité qu’Angkor, aussi différemment architecturée que possible de la cité cambodgienne. Pourtant, là encore, les temples s’élèvent et ont survécu aux hommes. La fin des années 1930 surprend l’aventurier croquant les temples hindous et tandis que Ceylan l’aurait retenu, les drapeaux le rappellent à sa patrie. 
A Semur-en-Auxois, son port d’attache s’il en est un, où il finira sa vie ivre de tant de souvenirs de voyages, André Maire se plait à peindre cette architecture bourguignonne un peu rude, ce pays bourru où il se sent aussi chez lui. Aussitôt libéré de son engagement patriotique, il repart toutefois. L’Afrique, le long du fleuve Niger, se dévoile au rythme des villages vibrant sous les pieds nus des enfants qui viennent à sa rencontre. La malaria se charge de lui rappeler qu’un tel choix de vie, pour un peintre occidental, même de robuste engeance, n’est pas exempt de risques. André Maire est contraint d’écourter ce voyage plein de promesses africaines. A la fin des années 50, de retour d’Asie, il découvrira tout de même Madagascar, où il aimera particulièrement séjourner et dont il tirera de nombreuses compositions.

Doué d’une activité peu commune, André Maire est un authentique aventurier. C’est ainsi qu’il vit le voyage, courant le monde à la recherche de nouvelles sources d'inspirations, dans sa quête du beau et du grand, sa recherche incessante de l'autre homme, de l'autre nature, de l'autre civilisation, de l’autre religion ou de l'autre pensée.

Marseille est une fantastique porte ouverte sur l’ailleurs, ayant accueilli au cours du siècle dernier tant de voyageurs en partance, les yeux brillants à l’heure de lever l’ancre et tant d’hommes de retour, y compris les artistes, chargés des impressions les plus exotiques. La station sanitaire qui accueille aujourd’hui le musée en est l’un des vestiges probants. Après la rétrospective consacrée à Joseph Inguimberty, le Musée Regards de Provence propose de découvrir un autre artiste du XXème siècle tourné vers l’altérité, un homme qui s’est élancé, bras ouverts, vers le vaste monde et ses peuples, tandis que les voyages étaient incertains et les explorations risquées. La plénitude qui se dégage de ses travaux, la profonde humanité de ses visions, témoignent de cet engagement, exempt d’appréhension.

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